Qui se cache derrière le Studio POLIMAIR ?
"Penser et produire autrement" : voilà le mantra de POLIMAIR, un studio qui propose un mobilier design ultra épuré en plastique recyclé. Derrière cette signature née en 2022, se cachent deux frères, Arthur et Léo Gaudenz. Ils sont unis bien au-delà des liens du sang par une conviction commune : changer radicalement notre regard sur le plastique en créant des objets de design exigeants, durables et innovants. Chez POLIMAIR, on oublie l'image du plastique jetable, fragile et bas de gamme. Ici, la matière devient noble, technique, et surtout conçue pour traverser les décennies.
En seulement quelques années, POLIMAIR s'est fait remarquer sur la scène du design international. Intégrer des lieux prestigieux comme la boutique du Centre Pompidou ou celle du Grand Palais, ou collaborer avec des distributeurs de renom comme Voltex, n'est pas le fruit du hasard. C'est la reconnaissance d'un travail sur la masse et la forme. Présents chaque année à la Milan Design Week et à la Paris Design Week, le duo confronte ses créations à un public d'experts où le design ne triche pas.
Le palmarès du studio témoigne de cette ascension fulgurante : lauréat des Innovation Awards d'Equip'Hôtel, des Trophées Décarbonons, et du prestigieux French Design 100, qui récompense les 100 meilleurs projets de design français à l'échelle mondiale. POLIMAIR est une marque à suivre de près, qui ne cesse d'élargir son horizon. Le premier meuble emblématique, la chaise BELUGA, a été rejoint en 2026 par le tabouret Baiji, inaugurant ainsi une collection d'un nouveau genre. L'objectif ? Défendre un mobilier radicalement circulaire, sans aucun compromis entre l'esthétique, la fonctionnalité et l'impact environnemental. Le résultat ? Des meubles qui ne sonnent pas creux, ni dans la forme, ni dans l'intention.

Petite histoire de la matière : comment a été inventé le plastique ?
Le saviez-vous ? L'histoire du plastique commence par une intention noble. Il a été inventé vers 1860 aux États-Unis, initialement pour remplacer l'ivoire utilisé dans la fabrication des boules de billard afin de préserver les populations d'éléphants. À l'origine, c'était une matière dense, coûteuse et pensée pour durer. Malheureusement, les années 1960 ont signé l'avènement du "tout-jetable". Cette décennie a vu déferler des millions d'objets bon marché, souvent multi-matières, conçus pour finir à la benne après une seule utilisation.
Aujourd'hui, le bilan est lourd. En France, nous produisons chaque année 4,5 millions de tonnes de déchets plastiques, mais seulement 26 % sont réellement recyclés. Parallèlement, l'industrie de l'ameublement génère plus de 3,5 millions de tonnes de meubles jetés annuellement. Pourquoi n'arrivons-nous pas à recycler plus efficacement ? Et pourquoi continuons-nous d'acheter des meubles jetables ? La réponse réside dans la perception de la matière : le plastique n'est plus considéré comme noble. Perçu comme une ressource sans valeur, il pousse l'industrie à produire toujours moins cher, toujours plus vite.
Cette logique produit des objets impossibles à trier car composés de matières incompatibles collées entre elles. POLIMAIR est né d'un constat humble mais percutant : le design "durable" se contente trop souvent de mettre en avant ses déchets (l'aspect moucheté ou recyclé) plutôt que de vraiment travailler la matière et la forme pour les rendre pérennes. Pour que le plastique soit mieux recyclé, il faut d'abord le rendre désirable. Un meuble désirable est un meuble que l'on garde, que l'on répare et qui, en fin de compte, possède une valeur intrinsèque assez forte pour ne jamais finir à la décharge. C'est ce cercle vertueux que le studio s'efforce de restaurer.
Qu’est-ce que le PP5 (Polypropylène) et comment est-il transformé ?
Au cœur de cette révolution se trouve le polypropylène (PP), le plastique le plus courant au monde, mais paradoxalement l'un des moins bien traités qualitativement dans le recyclage classique. POLIMAIR a choisi de changer radicalement son processus de fabrication pour en faire un matériau d'exception. Tout dans leurs meubles est fabriqué à partir de cette mono-matière : la structure, l'assise, les accoudoirs et même les chevilles d'assemblage. Pas d'insert en acier, pas de vis, pas de colle. Ce choix du monomatière, associé à une conception en kit, permet de remplacer n'importe quelle pièce indépendamment et garantit une fin de vie simplifiée. Chaque composant porte le sigle international PP 5, reconnu par toutes les filières de tri mondiales.
Le processus de transformation est une prouesse de traçabilité. POLIMAIR utilise des granulés issus de plaques PCR (Post-Consumer Recycled) collectées dans des hôpitaux en Belgique. Il s'agit d'un plastique médical de grade supérieur, non poreux et non teinté. C'est une ressource de haute qualité dont la durée de vie initiale ne se comptait parfois qu'en minutes. Recyclé et transformé en France, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, ce PP est ensuite "compoundé" avec du talc naturel. Cette charge minérale durcit la matière, lui confère un toucher satiné unique et change complètement la perception de l'objet une fois en main.
Pour garantir la longévité, 1 % de la masse est composé d'additifs anti-UV et antistatiques, protégeant la pièce contre le vieillissement solaire et la poussière. La coloration, quant à elle, est intégrée directement dans la masse par des pigments minéraux, assurant une teinte homogène sans avoir recours à des peintures polluantes. Le résultat final est un plastique massif, quatre fois plus cher à produire que le PP vierge, mais infiniment plus qualitatif. Avec 7,2 kg pour une chaise BELUGA, on obtient un objet qui pèse, qui ne vibre pas et qui ne se casse pas. C'est cette masse qui change tout : elle transforme un déchet médical en un objet de collection recyclable à l'infini.

Un engagement pour le Made in France et une garantie à vie
Pourquoi POLIMAIR a-t-il fait le choix (évident) du Made in France ? D'abord pour des raisons écologiques : l'énergie française est l'une des moins carbonées d'Europe. Produire localement permet de réduire significativement le poids énergétique de l'injection plastique par rapport à nos voisins, et sans commune mesure avec une production asiatique. C'est aussi la certitude que chaque partenaire travaille dans des conditions dignes et humaines, avec un contrôle total sur la qualité, du granulé à la pièce finie. Produire en France coûte plus cher, mais c'est le prix d'un travail décent et d'une industrie innovante qui refuse les compromis.
Cet engagement se traduit par une garantie à vie. Tant que POLIMAIR existera, le studio s'engage à récupérer, remplacer et recycler toute pièce cassée empêchant l'usage normal de votre mobilier. Grâce à la conception en kit, on ne remplace que la pièce concernée, pas le produit entier. La pièce défectueuse retourne dans la filière pour être broyée et redevenir matière. C'est une approche radicale : là où la plupart des meubles du marché finissent à la poubelle à cause d'une vis cassée ou d'une pièce collée, chaque élément d'un meuble POLIMAIR vit indépendamment.
Enfin, la transparence est totale. Si la chaise BELUGA affiche un impact environnemental 55 % inférieur à la moyenne du marché (notée A par Eco Impact), le studio reconnaît ses défis, comme le sourcing complexe des pigments minéraux ou la limite des cycles de recyclage. En limitant l'usage à l'intérieur pour préserver la qualité chimique de la matière (les UV dégradent le plastique au point de le rendre impropre au recyclage), POLIMAIR fait preuve d'une honnêteté rare. Acheter POLIMAIR, ce n'est pas seulement acquérir un meuble design, c'est soutenir une vision où l'on entretient plutôt que l'on remplace, pour que l'objet traverse le temps et change de mains pendant des générations.
Envie de voir la chaise BELUGA en vrai ? Rendez-vous en boutique chez CQFD Avignon pour découvrir cette révolution du design français !
Sources et ressources complémentaires :
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Site officiel POLIMAIR : polimair.fr (Philosophie, catalogue et processus de fabrication).
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Naeco : Histoire du plastique : origine et évolution (Contexte historique sur l'invention du matériau).
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Cité des Sciences : Recyclage et valorisation du plastique (Données sur les taux de recyclage en France et enjeux environnementaux).
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France Inter : Comment a-t-on inventé le plastique ? (Analyse historique et sociétale de la matière).