Victoria Ducruet portrait

Rencontre avec Victoria Ducruet

Cette semaine aurai dû marquer le coup d’envoi de la 48ème édition du festival international de la BD, à Angoulême. Covid oblige, le festival a revu sa copie et a décidé de reporter ( pour la première fois ! ) son édition en juin 2021.

L’occasion pour nous de vous faire découvrir la bande dessinée de Victoria Ducruet aux éditions Carrément. Certains chanceux ont pu rencontrer l’illustratrice, lors de sa séance dédicace en décembre dernier à la boutique.
C’est une maison d’édition avignonnaise, sous les commandes de Jérôme Leroy, qui signe le top départ de la toute première bande dessinée de l’autrice. 

L’histoire ?
Monica a un crush depuis plusieurs mois sur un garçon.
Elle tente le tout  pour le tout et décide de lui écrire une lettre
et de la déposer devant son immeuble.
Et après? S’en suit une attente… interminable ! 

– Victoria, peux-tu te présenter et m’expliquer ton parcours en quelques mots …

Je suis Victoria Ducruet, auteure-Illustratrice. 
Petite, je dilapidais déjà tous les stock de papier que je trouvais sur ma route.
En grandissant, j’ai compris que certains faisaient de l’illustration leur métier.
Après des études à la Haute École d’Art et de Design de Genève en illustration, j’ai néanmoins cru juste de me diriger vers « un vrai métier » et c’est ce qui m’a amené
à enseigner les arts plastiques puis à être Color Designer pour une grande marque de sport. Je me suis trompée de cheval mais la balade était interessante !
Par le biais de mon parcours, j’ai compris que l’humain ainsi que le fait de travailler la couleur étaient les deux thématiques qui me guidaient. Cette info sous le bras, je me suis lancée il y à 9 mois dans ce qui me ressemble : l’Illustration.

– Difficile de ne pas faire le rapprochement avec Frédéric Beigbeder 
et son roman  » L’amour dure 3 ans « . Quelles ont été tes sources d’inspirations ?

Entre Beigbeder et moi, c’est Je t’aime/Moi non plus.
Il m’exaspère autant que je l’adore tant il est juste dans son analyse de la société actuelle. Dans le même genre, ma cousine Léa dit qu’elle a des ex qui ont mis 5 ans à le devenir et d’autres seulement 50 minutes.
Dans une autre vie, j’aurais aimé être psychanalyste ou microkinésithérapeute. Je dessine pour mieux comprendre comment nous fonctionnons. Je note mentalement les silences, les lapsus, les gesticulations, les subterfuges et les capitulations.
Lorsque j’arrive à trouver la bonne composition avec la bonne phrase d’accroche et qu’en partageant mon travail quelqu’un me dit « Ah ! Ce dessin, c’est complètement moi ! » Je me dis BANCO, j’ai réussi – à ma manière – à décortiquer le genre humain !

– Trouver l’Amour 2.0 est-ce vraiment difficile ? Que retiens-tu de ton expérience « Tinder » ?

Difficile de ne pas entrer dans de la psychologie de comptoir lorsque l’on s’aventure sur le sujet épineux qu’est Tinder. Pourtant, pour moi, la recette est simple : Tant que tu cherches celui qui t’apportera ce que tu n’es pas capable de te donner à toi-même, tant que tu ne te permets pas d’être une priorité et tant que tu ne te respectes pas, tes relations seront catastrophiques.

Tinder m’a permis de me poser ces questions et de faire des rencontres fabuleuses. Je crois néanmoins que pour que cela reste une expérience agréable, il ne faut pas y attacher trop d’importance, ni de temps.

– Trouves-tu qu’il existe une pression de réussite sociale sur les femmes célibataires en 2021 : se mettre en ménage/se marier/ faire des enfants… ?

À l’inverse, je crois que nous sommes aux balbutiements
d’une liberté féminine sans limite.

Une femme peut aujourd’hui affirmer son désir ou non d’avoir des enfants, de partager sa vie, de privilégier sa carrière. Ou même, Allez !, de tout vouloir en même temps !
L’âge de la maternité augmente, les possibilités avec.

– Et enfin, la question qui nous taraude ! As-tu revu Alexandre D .?!

Bien évidement ! Nous nous sommes revus !
Et même si nous ne partageons plus notre quotidien aujourd’hui, je suis définitivement fière et heureuse d’avoir laissé une trace de notre histoire.
J’ai dernièrement perdu mon grand-père et en vidant la maison familiale, nous avons retrouvés des lettres qu’ils s’échangeaient ma grand-mère et lui pendant la guerre d’Algérie.

Des lettres d’amour, des lettres de désespoir, des lettres de chagrin…
Et qu’est-ce que c’était bon !
J’en appelle à notre génération : Laissez des traces ! Écrivez vos émotions !
Et peut-être alors qu’un beau jour, votre arrière (arrière ?) petite fille les trouvera et découvrira, au détour d’un tiroir, que vous aussi aviez eu le coeur brisé.
Et à ce moment-là, alors, vous embaumerez toute son âme.

Merci à Victoria Ducruet pour s’être prêtée au jeu de l’interview.

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